Quatre-vingt huit notes sur un piano qui m'navre
Et juste dix doigts pour traverser un océan d'nacre
Un grésillement. Une basse qui sature.
Et sur la feuille blanche encore quelques ratures.
Deux, trois enluminures lugubres posées sur du papier
Une main droite crispée. Une mane d'information cryptées.
Un casque qui crache une intraveineuse, un antidote vénéneux,
Une perfusion pour des angoisses sans nom.
Une fiole de biles noires dans un cloaque fielleux.
Un couple qui s'oublie dans les limites d'un ébat fievreux.
Une lumière tamisée avec des reflets d'ambres.
Un sample qui tourne en boucle, déjà portée par les ombres.
Une âme qui vacille d'un splin abyssal, revêtu d'habits sobres.
Un pélerin et une colline à grimper seul.
Une addition restée esclave du rythme, addiction,
Sniffer l'bit du Charley à la caisse claire.
Une enclave suave qui suinte les décrets d'une noirceur.
Une effraction sans cris dans l'écrin d'une âme sœeur.
Un univers caverneux. Paupières écloses. Pensées recluses.
Pour atteindre enfin l'écluse.
La même effluve au bord des lèvres, c'est comme un fleuve qui s'délivre.
Putain, c'est comme tout un fleuve qui s'soulève.
Un monde de couleurs imbibées de grises littératures.
Un enfant qui prend l'apparence d'un grizzli terre à terre.
Une aura musicale imperméable aux balbuciements
D'un spectre qui s'évertue à palper l'ciment.
Un boxeur usé qui refuse de raccrocher.
Une estocade qui fuse dans un combat rapproché.
Une sarabande placide aux allures de Pandore.
Une pluie acide qui s'abat sur une ville qui s'endort.
Quatre-vingt huit notes sur un piano qui m'navre
Et juste dix doigts pour traverser un océan d'nacre

Nos solitudes, juste nos solitudes...
À ceux qui marchent seuls, et qui ne le savent pas...

 

Ce n'est pas de moi, mais j'aime bien, alors je voulais en faire profiter tout le monde.