Ligne 96, par un beau jour de printemps. Par manque de place à l'arrière du bus, je me résigne à m'assoir dans l'une des places à l'avant, d'où je peux observer la conduite du chauffeur. L'aisance avec laquelle il réussissent à conduire ces engins de longueurs affolantes me sidèrent. Quand on sait que pour obtenir une telle aisance, il faut pratiquer des heures d'entrainement, cela laisse à penser que, pour arriver là où ils en sont, il a fallut que les chauffeurs prennent des heures d'intenses leçons. Il faut donc de la volonté pour obtenir un tel permis. Mais une question se pose : comment peut-on sincérement vouloir faire dans la vie "chauffeur de bus" ? Piloter pendant le reste de sa vie des engins incontrolables, seulement en ville, et se payer un nombre incalculable de ronds points, de feux rouges, de travaux et d'arrets de bus, là est la réalité des chauffeurs. Ils ont pourtant décidé, un jour dans leur vie, peut-être un jour de cuite, de s'inscrire à un permis transport en commun... Ces gens de sont pas normaux... Ce sont des aliens venus d'une lointaine planète, ils sont venus nous anéantir en commençant par contrôler tous nos moyens de communications. Vous n'avez qu'à regarder la manière dont se comporte ces abominations spatiales lorsque, dans une étroite route, ils se croise : un font toujours un petit signe de la main. C'est un code. Il communiquent par geste, comme pour se dire : "je termine ma journée, et on cherchera un plan pour détruire la Terre". Maman, j'ai peur...