Et oui, c'est déjà dimanche ! Et comme tous les dimanches, c'est Drucker, Vidéo gag et bien sûr, la chronique littéraire de ce blog ! Aujourd'hui, une chronique croisée : Ta mère 2 la réponse et le dernier jour d'un condamné.

Pourquoi une telle chronique croisée ? Prenez place dans votre siège, et écoutez attentivement...
Il y de celà un peu moins d'une demie demie douzaine de jour (avant-hier, en fait), je relisais avec passion ce chef d'œuvre de la littérature française qu'est ta mère 2, la réponse, écrit par cet auteur de génie qu'est Arthur Desboîtes. Et à la lecture de "t'es tellement gros que tes Levi's sont pas des 501 mais des 747", je me suis fait cette étrage réflexion : "Cela me rappelle quelque chose...". Je regarde alors dans ma bibliothèque, et je comprend tout de suite : Le dernier jour d'un condamné, de Victor Hugo... C'est ce que l'on peut appeller de l'intertextualité !
C'est pourquoi je ne peux me permettre de présenter Ta mère 2 la réponse sans présenter le dernier jour d'un condamné.

Le premier livre est une suite, celle de "ta mère", le célèbre recuil d'insulte destinée aux génitrices. C'est une suite, donc éminament meilleur. De l'autre côté, Le dernier jour d'un condamné, sorte de blog d'un condamné à mort de la fin du XIXe siècle. Le nombre de similitude est trop gros pour être une coïncidence ; à travers ta mère, il y a hommage à Hugo.

Quelques exemples : 

  • Le condamné à mort chez Hugo est un personnage pauvre qui subit son destin auquel il ne peut échapper ; Arthur a consacré deux chapitres au refus de la mort de ce héros, à travers les chapitres "ta mère est vieille" et "ta mère est pauvre", qui sont une sorte de réponse au second degré à la misère et le destin, c'est un hommage. "T'es tellement pauv' que tu ne peux t'offrir ni le r, ni le e", "ta mère est tellement vieille qu'elle grince"... Quand on sait que le condamné à mort est dans une cellulue à la porte fermée, qu'un grincement de porte serait pour lui synonyme de liberté, une telle condescendance est vraiment émouvante.
  • La fin de Ta mère 2 la réponse fait directement référence à la fin du dernier jour d'un condamné : une fin tragique, mais qui laisse tout de même place à une ouverture possible : on ne sait pas ce qu'il se passe après, le condamné va t'il aller de son plein gré à l'exécution ou réussir à s'enfuir, on en le saura jamais. Dans l'œuvre de Arthur, c'est pareil : quelle va être la réaction de la mère face à un tel déluge d'attaque ? On ne le saura jamais. Encore un bel hommage
  • "Ta mère est tellement bête qu'elle croit que Robert Hue c'est l'inventeur de la colle". C'est discret, mais bien présent dans le bouquin : une petite insistance sur la syllabe "Hu", comme dans "Hugo", le genre de référence cachée que l'on retrouve à toutes les pages. "Ta mère est tellement moche que tu racontes que tu es adopté" ; quand on sait que Victor Hugo n'a pas été adopté...

Bref, Ta mère 2 la réponse est un livre à conseiller, mais que l'on ne savoure vraiment que lorsque l'on a déjà eu en main Le dernier jour d'un condamné.

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