Tipierre, après trois épisodes de sa saga de l'été, décide de raccrocher les gants, par flemme, fatigue, ou autre chose, peut-être. Si vous n'avez pas suivi le début de l'histoire, vous pouvez toujours relire la première partie, la deuxième, et même la troisième. Et je récupère le concept pour vous proposer aujourd'hui la quatrième partie de cette fabuleuse saga de l'été !

La quatrième nuit s'annonçait rude. L'erreur de la journée avait augmenté la psychose régnant dans la ville. Neuf villageois restait dans la ville, la peur sur le visage de six d'entre eux, la peur déguisée sur les trois villageois qui se transforment chaque nuit en loup garous. Les villageois s'étaient concertés, il fallait réagir. Cette nuit, tout le monde sera enfermé chez soi, des planches recouvrant les fenêtres, les meubles devant les portes d'entrée. Ainsi, aucun loup ne pourra entrer par effraction. L'idée séduisant l'ensemble du village, du moins, semblait séduire, seules trois personnes savaient que cette nuit, il faudrait tout faire pour manger, et ces barricades n'allaient pas les aider à se sustenter au cours de la nuit.

La sorcière, malgré son âge, fut la première à montrer l'exemple, en plantant elle-même les premières planches. Une telle hâte pour s'enfermer n'était en aucun point prise en vue de se protéger de l'attaque nocturne des loup garous, mais pour pouvoir confectionner dans la plus grande quiétude une potion de mort. Elle avait en effet remarqué la réaction du bûcheron du village lorsque que l'annonce de ce grand blocage du village. Il ne semblait pas si enjoué que ça, elle en était sûr, ça ne pouvait être qu'un loup garou. Les autres villageois s'empressèrent d'imiter la sorcière en préparant planches, clous, ruban adhésif et pâte à fixe. Chacun travaillait jusqu'à la fin de la soirée, où tous, fatigués par la tâche, se couchèrent sur leur deux oreilles.

La nuit tomba (Ne vous inquiétez pas, elle ne s'est pas fait mal), quelques cris si firent entendre au milieu de la nuit noire. Sur la colline dominant la ville, on pouvait observer trois ombres. Trois loups garous se réunissant pour la quatrième nuit successive, dans l'espoir de trouver un nouveau repas pour la soirée. Malgré le régal de la veille, leur estomac semblait bien vide, les loup garous cette nuit étaient affamés. Un villageois va cette nuit se faire déchiqueter, qu'il le veuille ou non. Il faut dire que les trois compères loup n'avait pas apprécié que la sorcière leur enlève la nourriture de l'estomac en se recomposant miraculeusement.

D'une course de loups, les trois lycanthropes se pressèrent à descendre dans la ville cherchant à faire manger par la racine quelques pissenlits bien choisis au premier villageois qui croiserait leurs dents acérées. Ils savaient que la sorcière n'avait plus de potion de vie, et savaient qu'elle était en cette soirée une cible idéale. Arrivés sur le paillasson de la chaumière de la diseuse de bonne aventure, il remarquèrent que, en plus de préparer d'efficaces potions de vie et de prodiguer de fabuleux massages aux villageois fourbus, la sorcière s'y connaissais pas mal en bricolage. Impossible de passer ne serait-ce qu'un bout de patte à l'intérieur de la demeure, qui, par ailleurs, ne semblait pas tout à fait se reposer.

A l'intérieur, la sorcière commençait à préparer une nouvelle potion, une potion de mort. Elle entendait bien les loup gratter au pas de sa porter, et savaient que ouvrir à celui qui venait de frapper n'était pas la meilleur idée qui soit. Ne pouvant voir à travers les fortifications de ses fenêtres l'identité de ses assaillants, la sorcière s'efforçait de se concentrer dans la réalisation de sa nouvelle potion. Mort au rat, venin de cobra, quelques quartiers d'oranges dans d'efficaces proportions. Elle ne devait pas s'endormir, sa mission était bien trop importante. Impliquant toute son attention dans sa tâche, elle ne remarquait pas que les loup garous étaient parti à la recherche d'une autre proie.

Cette fois ci, les loups étaient devant la maison du bûcheron qui dormait paisiblement. Après avoir travailler toute la journée à couper du bois pour le reste du village, et ensuite, planché à barricader sa maison, il avait bien mérité un repos. Seule sa petite fille ne dormait pas. Les loups ne cherchaient plus à être discret, ils voulaient coûte que coûte goûter de la chair humaine. La petite fille s'était levée pour voir se qu'il se passait dehors. A travers deux planches de la maison, elle distinguait l'ombre des trois loups garous cherchant une idée pour entrer dans la demeure. Elle n'en croyait pas ses yeux, quand elle reconnut le curé du village, en plus poilu que lors de la messe du dimanche. Soudain, un regard se posa sur elle, la petite fille venait de se faire repérer. Son père lui dit alors de retourner se coucher, il ne faudrait surtout pas que l'un de ces loups la trouve.

Les loups continuèrent leur chemin dans la ville. Impossible d'entrer chez le chasseur, la maison du cordonnier restait bloquée, le maire dormait tranquillement dans la maison barricadée. Les loups garous restaient entre eux, dehors, sans aucune goûte de sang entre les crocs, si ce n'est cet écureuil qui avait eu le malheur de croiser le regard d'un des loups lorsqu'il descendaient de la colline. Soudain, deux des loups garous, guidée par leur ventre, s'empressèrent de dévorer le troisième loup garou. La faim leur a justifié ce moyen, il ne pouvait résister à l'odeur du sang d'écureuil dans les babines de ce troisième malheureux loup.

La Soleil était revenu, le matin pointait le bout de son nez, tout comme la majorité des villageois à leur porte, cherchant à savoir si leur voisins étaient toujours en vie. Le maire courrait dans la ville, il venait de retrouver devant la mairie ce qui semblait être le corps mutilé du facteur. Les traces de crocs sur les flancs du postiers n'en faisait aucun doute, les loup avaient une fois de plus accompli leur méfait. Les villageois ne comprenaient pas comment le facteur pouvait être ici, devant la mairie, avec un trou béant à la place du foie, alors que, comme tout le monde, il avait solidement barricadé sa maison la veille. Une nouvelle assemblée était organisée, il fallait désigner un nouveau villageois à abattre.

La sorcière était sûre d'elle, le bûcheron devait mourir, mais sa fille le défendait solidement. Si il était vraiment un loup, elle serait déjà morte. Elle cherchait quant à elle de tout son cœur à faire abattre le curé, qu'elle avait vu la nuit. Ne voyant ici qu'une accusation personnelle, son père s'empressa de défendre l'homme de foi, en accusant alors le maire, qui avait découvert le cadavre. Le curé était d'accord avec lui, le maire semblait vraiment louche. Le reste du village se retourna alors contre le maire, il allait être tué.

Au cours de la journée, les villageois ne purent s'empêcher de regretter leur erreur, le maire n'était pas si lycanthrope que ça. Le curé lisait les dernières lignes de sa prière, non sans un certain plaisir dissimulé...