20 septembre 2004, 10h30.  Nous voilà enfin rendus au stade, après 2 heures dans les bouchons du samedi matin. Nous nous présentons au guichet, montons nos places achetées la veille et nous voici dans les gradins de ce match, qui s'annonce très houleux. Notre tribune est remplie de français, certains fanatiques sont tricolorés. De l'autre côté du terrain, on aperçoit les supporters polonais. Ils ont pas l'air bien malin, remarque, ils soutiennent la Pologne, alors forcément... Les écrans géants sur les côtés du stade nous permettrons de ne pas rater une seule miette de ce qu'il se passera sur le terrain. 14h00. Durant ces trois heures, les gradins se sont remplis de polonais et de français tous plus excités les uns que les autres. Devant un évènement de cette envergure, nul ne peut rester stoïque.

14h00 sonnent : les équipes entrent enfin sur le stade. Sur l'air de la Marseillaise, l'équipe français arrive d'un pas incertain, la victoire ne sera pas facile à obtenir cette fois ci. De l'autre côté du terrain, l'équipe polonaise entre, sur l'hymne du Mazurek Dąbrowskiego. L'arbitre arrive au milieu du terrain, le joueur français, L. Multon s'avance. G. Kwaśniewski, le joueur polonais s'avance aussi. Un mètre sépare les deux protagonistes. Les remplaçants sont quelques mètres derrière, prêt à le soutenir.

Le match commence enfin. L'arbitre lance son premier "Chi-fou...". Stress des deux duellistes. Chacun réfléchit de son côté, les deux mains dans le dos. "...Mi !". Les joueurs étendent leur main. Ciseaux du côté français, pierre du côté polonais. Le score est maintenant de 1-0 pour la Pologne, qui sont maintenant à 7 points de la victoire. L'arbitre annonce un nouveau "Chi-fou... Mi!". Puit du côté russe, ciseaux du côté français. 2-0 pour les polonais. 3ème partie de la manche 1, les français perdent encore, ciseaux face à pierre. La méthode employée par les français dite du "multi-ciseaux" ne fait pas d'effet en ce début de partie. Les scores sont de 3 à 0 pour la Pologne, qui sont bien partis pour ajouter une victoire à leur palmarès. Après cette première manche en 3 points, les équipes peuvent se concerter pour une nouvelle stratégie. L'arbitre décide une pause donc de 39 secondes. Le match est reparti, c'est la manche 2, en cette fois ci, 4 duels. Après l'annonce chifoumi de l'arbitre, Multon lance de nouveau un ciseaux, Kwaśniewski lance également un ciseaux. Egalité, il y a donc maintenant 4-1  pour la Pologne. Ciseaux/Pierre. Puit/Papier. Papier/Pierre. A la fin de cette manche 2, le score est de 6-2 pour la France. La situation est critique pour le camp français. Les polonais ne sont plus qu'à 2 points de la victoire. Après une nouvelle révision de la stratégie française, le match est reparti pour la manche 3, en 5 duels. La Pologne voit déjà la victoire à son paillasson. "Chi-fou... Mi !" La France montre vivement son poing fermé, la Pologne en face ne montre que le signe des ciseaux ! 6-3 pour les coqs français. Multon montre signe de faiblesse, l'arbitre signale 5 minutes de pause : le français s'est foulé l'annulaire droit durant cette dernière action. Il se fait emmener d'urgence à l'infirmerie du coin. Le remplaçant, T. Carlo, commence alors son échauffement : pompes, abdominaux, longueurs, entraînement du pouce. Carlo est prêt, le match reprend. Carlo remonte le score, il n'est maintenant plus que de 7 à 6 pour les polonais, maintenant à plus qu'à un poing de la victoire. "Chi-fou...Mi !". Le joueur français lance en désespoir un puit, Kwaśniewski amorce une pierre, mais se transforme en papier au dernier moment. L'arbitre ne voit pas cette ruse polonaise, et leur accorde le point. 8 à 6, la victoire est du côté polonais. Sifflement dans la tribune française : "A mort l'arbitre !!", "Vendu !!", "Tricheurs!!". Les français se ruent sur le terrain, et grimpent dans les tribunes adverses. Coup poings, coups de crosses et coups de mâchoires. Les gradins ne tardent pas à devenir une marre de sang. Les os gisent, des foies, des estomacs et autres organes humains sont harmonieusement disposés sur le terrain. Certain portent des crânes en coupes, des boyaux en écharpes et des rates en bracelets.

Finalement, la victoire du jeu a beau eu être dans le camp polonais, ce sont bien les polonais qui ont eu mal durant ce match.... Moralité : ne trichez jamais au Chifoumi